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Coté AAAP , dont l’éclatant succès n’avait pas suscité que des sentiments de satisfaction, et d’allégresse, mais beaucoup d’animosités, d’envies à l’envi et d’inimitiés, on continue inlassablement à rénover par- ci , innover par–là, pour donner à la chose plastique sa place, toute sa place, dans la capitale du Souss.
D’aussi loin qu’il me souvienne, jamais, au grand jamais dans le sud, au Maroc sinon , une association des arts plastiques, sans casquette partisane ou partenariale , ni aide substantielle constante, ni local, soumise, de surcroit, à une intense pression de certaines «tripes chaudes», n’a réussi, quinze ans durant, à rayonner, souveraine, sur le paysage plastique (soussi), pour ne pas dire national. Parce que profondément convaincu que le sérieux, la volonté et patience payent davantage que de simples expositions «conjoncturelles» et parce que dix fois sur le « métier» il a remis son cœur et sa « tête », Bachir CHACHAI a réussi, avec quelle flamme et quel savoir dominé, et là où tous ont échoué lamentablement, à ce que son association se distingue par différentes «premières» inégalées qui ont contribué largement au développement et à l’épanouissement des arts plastiques Agadir et ses environs.
Mais comme il ne saurait être question, ici, de présenter un panorama complet de ces premières, je me borne, simple esquisse, à en citer quelques- unes :
1-L’organisation de dix printemps du Souss des arts plastiques et de cinq rencontres estivales auxquels ont participé outre des pinceaux locaux, d’éminentes figures des arts plastiques, du Royaume et de l’étranger, de la trempe de Mohamed NABILI, Abdellatif ZINE, Chaibia TALLAL, Mohamed AMZIL, Abderrahman RAHOUL, Abdelkarim ELAZHAR, Lahcen BAKHTI, Mohamed MOUSSIK, Said HOUSBANE , Mohamed KRICHE, Hassan MOUKDAD, Ahmed JARID, Afif BENNANI ,Moya BEATRIS ,Lou FLORIAN,….entre autres, que la gentillesse, la générosité du cœur, la simplicité, et la qualité de l’âme font aimer par de là leurs œuvres qui, du reste sollicitent en nous le cœur et l’intelligence. Très personnelles, très diverses dans le temps, quoique semblables quant à la spontanéité de la vision qui montre combien l’artiste, fidèlement attaché à la source qu’il appelle « noyau » est réglé, laborieux, nullement troublé par notre admiration, n’aspirant à montrer, à sa manière, de la vie, que ce qu’elle offre de charme et mieux que montrer : suggérer.
D’où des expositions, des tendances complémentaires, des visions personnelles des êtres et des objets communiquées à la multitude, et où l’on trouve, avec allégresse, et sans cesse, à s’émerveiller, à rêver, à réfléchir, allant et venant des uns aux autres tableaux proposés et exposés au fil des saisons plastiques et au gré des années. Un véritable plaisir pour les yeux et les cœurs, qui n’a d’égal que celui de l’esprit, grâce aux conférences, neuves en bien des façons, données par des notabilités nationales et étrangères (de pays !) de la chose plastique à l’image de L’ALTRANGE ,Brahim ELHAICAN, Azzam MADKOUR ,Mohamed ELGHORMLI, Abd CHIEKH, mohamed KHASSIF, Daniel COUTURIER , Fulchiron ,Said HOUSBANE….
2- La participation des artistes-peintres de renommée nationale et internationale a permis aux jeunes pinceaux locaux et régionaux, de voir la bataille qu’ont menée, et mènent toujours leurs ainés, dans une grande solitude pour se livrer tout entiers à leur âme et la montrer, sous mille formes, afin que leur peinture puisse aller à toutes les âmes qui peuvent comprendre la leur, puisque, d’une manière ou d’une autre, toutes les âmes se retrouvent dans leur peinture.
Cette participation a offert, ensuite, aux centaines de visiteurs, curieux, informés, initiés ou simplement sensibilisés, l’occasion d’avoir une foule d’impressions étranges ou ordinaires, flottantes ou rapides, agréables ou pas, sur ces fêtes des arts plastiques. Elle a permis, enfin, à la ville d’Agadir, tout en rêvant de son bonheur, de proclamer qu’elle existe, elle aussi, et d’exiger que l’on compte avec elle, dans le merveilleux univers des arts plastiques.
3-Soucieuse de lier les arts plastiques à leur environnement, l’AAAP Omar ISSOUAKHN des Zahra JBILO, et autres a su donner, à chaque printemps, été, hiver, ou rencontre plastiques organisés, un thème qui répond aux attentes du public.
Ainsi, ….de son premier printemps, fit- elle appel à des conférenciers de grosses pointures pour expliquer les relations entre, respectivement, l’enseignement, le théâtre, l’artisanat et les arts plastiques. Le second fut organisé sous le thème «Agadir, espaces de communication artistique et de diffusion de la culture plastique»; Le troisième, à la création et la continuité, et le quatrième, aux arts plastiques entre le patrimoine et la réhabilitation. Ceux qui suivirent eurent respectivement pour thèmes : les arts plastiques au service de l’acculturation, du développement local de la jeunesse et des arts plastiques.
4-Parce qu’enseignant des arts plastiques, Bachir CHACHAI, a toujours impliqué l’élève, l’étudient et l’enfant, en général, à toutes les activités de l’AAAP, par la multiplication d’ateliers, d’expositions et d’exposés. D’ailleurs, les 8 et 9 printemps leur furent entièrement consacrés sous les thèmes : «L’enfant, pivot de toutes éducations visuelles et évolution esthétiques », et ‘‘Parrainer un jeune plasticien, c’est lui assurer un avenir’’. Sans oublier la cinquième rencontre estivale, en 2003, organisée sous le thème «Ensemble contre la frustration de l’enfance». Mieux encore, profitant d’une brève rencontre avec Monsieur El KNIDRI, alors ministre de l’éducation Nationale, il lui proposa de créer une branche des arts plastiques à Agadir. Et la branche de voir le jour d’abord à Essaouira en 1994, puis Agadir en 2003 ,10ans plus tard. Grâce surtout à l’intervention de Monsieur GHARRABI, Wali d’Agadir à l’époque enthousiasmé par le nombre d’activités organisées par l’AAAP au profit des élèves.
5-La peinture murale qui a donné à la rue Marrakech, à Agadir, un visage plus accueillent, plus avenant, c’est la trouvaille de Bachir CHACHAI. En effet, jusqu’en 1995, elle était restée prisonnière des établissements scolaires, villes et hôtels. Et Seuls Abdelouahd JAMIKH et Mokhtar GHAYLANE s’y adonnaient car elles n’emballaient pas beaucoup les artistes-peintres locaux préoccupés, compréhensible, par ce qui rapporte d’avantage qu’un aura… ! Et ce n’est que lors de son premier printemps plastique de 1994, que l’AAAP a offert à Agadir, sa première peinture murale, signée, en son nom, un début avril, par l’artiste-peintre, Rajaa BAHAJJOUB, en présence de notabilités locales et nationales… !
Ceci dit, il y a encore beaucoup à faire, et ce qui a été réalisé n’est pas aussi grand que l’ambition du président de l’AAAP, ni à la hauteur d’une ville de l’envergure d’Agadir. Il est vrai, aussi, que des walis avertis tels AMJAD, GHERRABI, ALAMI, ont soutenu l’Association, tout comme d’anciens présidents de la commune urbaine de ville à l’image de Mohamed WATIQUE et El BOUZIDI ; mais il n’empêche que d’autres, ont considéré les arts plastiques comme le cadet de leurs occupations et préoccupations et Bachir CHACHAI comme un point lourd qui défoncerait la vitrine délicieuse d’un antiquaire, sinon comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Tant et si bien qu’il fut tour à tour redouté, trahi, traqué, humilié, mitraillé de critiques et accusé de tous les mots et les maux. Mais il tient bon, brava obstacles et écueils, déjoua pièges et traquenards, s’alourdit parfois même de crédits et sacrifia souvent sa petite famille. Normal, pour réaliser son idéal et partant se réaliser soi-même, il faudrait oser, s’attendre à tout, «mourir pour ses idées» comme l’a dit Brassens. Cela Bachir CHACHAI l’a compris tôt, l’assume, en fait sa devise maintenant ainsi que les Zahra JBIJO, Omar ISSOUAKHN entre autres. Il faudrait aussi des moyens, si grands qu’en soient les frais et les sacrifices, à même de créer les conditions d’un véritable épanouissement des arts plastiques dans le cadre associatif, comme nous voulons. Tout l’avenir pour nous donner raison ou tort. Mustapha BEHRI 10/2010


